«Coup d’État parlementaire, forfaiture, quête d’immunité » : Le FDR exige la démission d’Ousmane Sonko

Le Front pour la Défense de la République (FDR) dénonce ce qu’il qualifie de “coup d’État parlementaire” ourdi par le parti PASTEF, après l’installation de Ousmane Sonko en qualité de député, puis à la présidence de l’Assemblée nationale. Dans une déclaration cinglante, le FDR réclame la démission immédiate et sans condition de l’ancien Premier ministre, jugé “illégal et illégitime”.
L’exécutif et la majorité parlementaire sont dans le collimateur du Front pour la Défense de la République (FDR). Ce dernier a fustigé, dans une déclaration rendue publique samedi, ce qu’il considère comme un “complot” froidement exécuté depuis près d’un an par PASTEF pour accaparer tous les pouvoirs.
La goutte d’eau ? La “forfaiture du 26 mai 2026”, date à laquelle Ousmane Sonko a été installé comme député, avant d’accéder au perchoir. Pour le FDR, cette opération s’inscrit, selon les membres, dans une stratégie méthodique de déstabilisation des institutions, initiée dès le 27 juin 2025.
Une réforme du Règlement intérieur visée
À l’époque, rappelle le FDR, PASTEF avait justifié une réforme du règlement intérieur de l’Assemblée nationale par la nécessité de moderniser son fonctionnement. En réalité, selon l’opposition, le parti au pouvoir cherchait à transformer l’hémicycle en “tribunal populaire”.
Le FDR pointe notamment l’ancien article 56, qui aurait permis à la majorité de convoquer manu militari n’importe quel citoyen, d’auditer des députés (immunité comprise) et de soumettre ministres et magistrats – voire le Président de la République – au bon vouloir de la majorité parlementaire. Ces dispositions, « heureusement, ont été censurées par le Conseil constitutionnel. »
Mais PASTEF avait déjà préparé le terrain, martèle le FDR. La modification de l’article 15 (prévoyant l’élection immédiate d’un nouveau président de l’Assemblée en cas de démission) visait, selon le FDR, à prendre les Sénégalais de court et à engager une “guerre de clans destructrice”.
Le cœur du scandale : l’article 124
Le véritable nœud de l’affaire, insiste le FDR, est la modification de l’article 124 du Règlement intérieur, qui a permis l’installation de Ousmane Sonko. Pourtant, rappelle l’opposition, l’article LO172 du Code électoral est clair : Sonko, resté membre du gouvernement jusqu’à récemment, ne pouvait plus être député depuis 2024, avec ou sans lettre de démission.
Le FDR souligne par ailleurs l’article 54 de la Constitution, qui exige une loi organique – et donc une insertion dans le Code électoral – pour organiser le retour d’un ministre qui fut député. “Une exigence constitutionnelle contournée”, dénonce le Front.
Une “panique” due aux investigations en cours ?
Pour le FDR, l’urgence avec laquelle PASTEF a fait voter ces dispositions traduit une “véritable panique”. Les députés du parti au pouvoir auraient voulu, coûte que coûte, conférer à leur “Gourou” (surnom donné à Ousmane Sonko) une immunité parlementaire, dans un contexte d’investigations judiciaires en cours.
La preuve ultime de cette dérive, selon le FDR : le premier discours du nouveau président de l’Assemblée nationale, prononcé “au nom du parti PASTEF” du haut du perchoir. “Rabaissant l’Assemblée au rang d’une section du PASTEF ou d’une arme dans la guerre ouverte entre factions”, fustige la déclaration.
Appel à la démission et aux chefs religieux
Face à cette “atteinte grave au fonctionnement régulier de nos institutions”, le FDR appelle “l’ensemble des forces vives du Sénégal” à ne pas faiblir. L’objectif est clair : “exiger et obtenir la démission immédiate et sans condition de Ousmane Sonko, président illégal et illégitime de l’Assemblée nationale.”
Le Front lance également un appel solennel aux chefs religieux, aux autorités coutumières, aux intellectuels, à la société civile et aux leaders d’opinion, afin qu’ils usent de leur influence pour préserver la paix civile, défendre l’État de droit et garantir le respect du “pacte républicain”.
Riposte à la hauteur de la “forfaiture”
Le FDR conclut sa déclaration par une mise en garde : “Il n’y a pas d’autre voie pour sauvegarder notre démocratie et notre République.” L’opposition promet une riposte “à la hauteur de la forfaiture”, sans en préciser les modalités pour l’instant.




