Dakar 2026 : La 16e Biennale de l’Art africain contemporain dévoile son thème « (Anti)Fragilité »

C’est l’un des rendez-vous culturels les plus attendus de l’année sur le continent. La 16e édition de la Biennale de l’Art africain contemporain de Dakar, connue sous le nom de Dak’Art, se tiendra du 19 novembre au 19 décembre 2026 dans la capitale sénégalaise. Portée par le gouvernement du Sénégal sous l’égide du ministère de la Culture, cette édition s’annonce comme un laboratoire de résilience artistique dans un monde en pleine mutation.
Un directeur artistique pour un concept novateur
Pour cette édition, le comité de pilotage de la Biennale a choisi un commissaire d’envergure internationale. L’historien de l’art, éditeur et commissaire d’exposition Morad Montazami a été nommé directeur artistique. Franco-Iranien basé à Londres, il a fait ses armes à la Tate Modern avant de fonder la plateforme curatoriale Zamân Books & Curating, dédiée aux modernités arabes, africaines et asiatiques.
Sa mission est claire : développer un projet curatorial original respectant les valeurs de Dak’Art, à savoir la promotion de la création africaine et de ses diasporas. Il succède ainsi à la commissaire sénégalaise Salimata Diop, qui avait assuré la direction de l’édition 2024.
« (Anti)Fragilité » : Et si la faille devenait une force ?
Le thème choisi par Morad Montazami pour cette 16e édition est évocateur des défis contemporains : « (Anti)Fragilité : arts de la réparation et stratégies de contre-choc » (« (Anti)Fragility: Arts of Repair and Counter-Shock Strategies »).
Ce concept, emprunté au penseur Nassim Nicholas Taleb, désigne la capacité de certains systèmes à non seulement résister aux chocs, mais à devenir plus forts après la crise. Appliqué à l’art, cela ouvre la voie à des réflexions profondes.
« Être (anti)fragile, c’est adopter une attitude qui transforme la fragilité en force – tant expressive qu’artistique – en mettant l’accent sur les liens sociaux et communautaires, notamment à travers la co-création. »
— Morad Montazami, directeur artistique de la 16e Biennale de Dakar.
Loin d’être un simple concept philosophique, cette thématique se traduit concrètement dans les pratiques artistiques. Dans un monde instable et conflictuel, les artistes sont invités à explorer l’erreur, l’accident ou le manque comme points de départ créatifs. Il s’agit d’inventer des systèmes alternatifs inspirés des savoir-faire locaux, de développer des stratégies de survie, de construire des abris et d’adopter des approches (post-)thérapeutiques de l’art.
La Biennale entend ainsi mettre en lumière des communautés hybrides (artistes, artisans, chercheurs, citoyens) qui repensent ensemble nos modes de vie, d’entraide et de coexistence, non seulement entre humains mais aussi avec le vivant.
Un appel à candidatures international
Pour concrétiser cette vision, les organisateurs ont lancé un appel à candidatures international. Du 15 avril au 15 juin 2026, les artistes visuels africains et/ou issus de la diaspora peuvent soumettre leurs dossiers pour participer à l’exposition internationale officielle.
Les disciplines concernées sont vastes, reflétant la diversité des pratiques contemporaines :
- Arts plastiques classiques (Peinture, Sculpture, Photographie)
- Arts numériques et sonores (Installation, Vidéo, Son, Arts numériques)
- Pratiques urbaines et design (Street-art, Architecture, Design)
- Performances et arts vivants (Performance, Mix-média).
Dakar, capitale culturelle africaine en 2026
L’organisation de cette 16e édition s’inscrit dans une dynamique exceptionnelle pour le Sénégal. L’année 2026 est déjà marquée par l’accueil des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) à Dakar. La tenue de la Biennale dans la foulée confirme la volonté du pays d’affirmer sa capitale comme un « carrefour culturel international » et une « ville créative » de premier plan.
Du 19 novembre au 19 décembre 2026, Dakar deviendra donc le point de convergence des réflexions sur l’art post-colonial, l’écologie et la résilience humaine. Avec ce thème de l’« (Anti)Fragilité », la Biennale promet moins une exposition qu’un véritable laboratoire d’idées pour un futur incertain.


